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Bâtiments

Blog d'Étienne Pourcher

0“Quand le feu est à la maison de ton voisin, la tienne est en danger.” Proverbe grec antique

le 28/08/2019 à 18:28 par Etienne - Économie

Comme chaque été, nous avons assisté au retour des incendies de forêts (Grèce, Indonésie…) aussi sûrement qu’au retour des touristes sur les plages ou des melons sur les étals des marchés. Faits nouveaux cette année, la planète a connu des feux en Arctique…De la Sibérie au Canada, des millions d'hectares sont partis en fumée depuis début juin, en raison des températures élevées.

Plus encore, récemment, la planète s’est émue devant les feux en Amazonie, jusqu’à amener le sujet en haut des priorités de discussion du G7 de Biarritz.

 

Incendies de forêts et dérèglement climatique : pourquoi il est urgent d’agir ?

Le dérèglement climatique entraine ces feux. La sécheresse et la chaleur sont évidemment une des causes de ces incendies ; or, l’été 2019 étant plus sec et plus chaud que les précédents est plus propice aux feux de forêts.

Ces feux accélèrent le changement climatique. Le feu émet du C02 en libérant le carbone contenu dans les arbres : Sur le seul mois de juin, les feux dans l’Arctique ont dégagé 50 mégatonnes de CO2, soit autant que les émissions annuelles de pays comme la Suède ou la Hongrie.

Les forêts brûlées sont autant de puits de carbone en moins, chaque arbre absorbant le CO2 de l’atmosphère pour en relâcher l’oxygène d’où le surnom de « poumon » de la planète.

 

Pourquoi une telle émotion suscitée par les feux en Amazonie ?

L’Amazonie est un espace forestier important réparti sur 9 pays dont la France (Guyane) et le Brésil (qui en accueille 60% de la surface).L'Amazonie est la deuxième plus grande forêt du monde, derrière la taïga.

Cette vaste surface forestière en fait le poumon du monde par sa capacité à capter et stocker le CO2 à un moment ou notre terre en a le plus besoin.

Mais le rôle des arbres ne s’arrête pas là : ils captent l’eau des sols pour la faire évaporer et entrainer des pluies ; d’où, avec la déforestation amazonienne, des saisons de pluies plus tardives et plus courtes.

Pour autant, l’Amazonie reste l'une des régions les plus humides de la planète, d'où une grande richesse en biodiversité. Cette forêt est, en effet, un formidable réservoir de biodiversité : animaux comme plantes (dont nous avons besoin par ailleurs pour la chimie et la médecine).

Ceci sans compter que l’Amazonie accueille depuis des siècles des populations autochtones qui vivent souvent en symbiose avec la forêt.

Autant dire qu’un feu de forêt fait disparaître l’ensemble de ces bienfaits et ses conséquences ne sont pas seulement locales, même si elles sont terribles pour les indiens : accroissement du dérèglement climatique pour toute la planète, dégradation de l’air et de la santé des espèces (dont l’Homme), perte de diversité irréversible. C’est pourquoi certains parlent des forêts comme de « biens communs » de l’humanité. Il pourrait donc leur être attribué des droits.

 

Des incendies de cette année en Amazonie inédits par leur ampleur

L’été 2019 connaît une envolée de ces feux en Amazonie et particulièrement au Brésil où vient d’être élu Jair Bolsonaro. : hausse de 84% par rapport à 2018 au Brésil et + 100% dans l’ensemble de l’Amazonie.

Quelle est la cause de cette augmentation inédite dans le nombre d’incendie comme dans leur ampleur ? Le défrichage est souvent mis en cause avec un objectif de production agricole : besoin de terres pour la culture du soja – le Brésil est le 1er exportateur de soja- et besoin de terres pour le pâturages – donc la production de viande bovine pour laquelle le Brésil est également 1er exportateur. Le feu sert à défricher la zone une fois le bois extrait, afin de passer à des fonctions plus lucratives. L’enjeu commercial et financier transparait donc immédiatement.

Il est doublé d’une spéculation foncière parfois animée par des mafias locales. D’où l’usage de la violence (l’appât du gain…), et derrière elle la pauvreté…

L’industrie minière n’est pas en reste qui vise l’exploitation du sous-sol…

 

Un sujet politique : que faire ?

Jair Bolsonaro, immédiatement élu,  a réduit les budgets de l’Ibama, organisme chargé de faire respecter les lois sur l’environnement, ce qui a entraîné une baisse des contrôles, laissant ainsi libre cours aux mécanismes précédemment décris (le défrichement a augmenté de 50% depuis janvier dernier…).

La signature du traité de libre échange entre l’UE et le Mercosur en juin dernier vise à accroître encore les échanges commerciaux donc la production brésilienne de soja et de viande bovine, donc le besoin en espaces fonciers, donc l’accroissement des défrichements… L’annonce par l’Irlande et la France d’un renoncement à ce traité est un premier pas nécessaire. Les autres traités commerciaux internationaux devraient d’ailleurs prendre en compte de façon systématique leur empreinte environnementale. La relecture des traités déjà signés est nécessaire.

Nous devons également être irréprochables… Des défrichements sont accordés en France (Guyane) aussi pour des projets miniers par exemple…

Instituer la forêt en bien commun universel ? c’est une piste juridique à creuser. Dans tous les cas, laisser libre cours aux forces du marché – qui montre là qu’il ne sait pas s’auto-réguler – est impensable. Il faut introduire une régulation permettant à la fois de respecter notre environnement dans le cadre d’un développement économique durable et à la fois de respecter les populations, tant celles qui vivent dans et des forêts que celle des agriculteurs et salariés d’Europe comme d’Amérique latine…


Tags forêt, feux, CO2, changement climatique, carbone, biodiversité, Amazonie

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le 31/07/2019 à 12:36 par Etienne - Autre

https://youtu.be/To4guZ1rtkM 


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0Les trois bonnes nouvelles de l'éolien en mer : 2 milliards, 45 euros, 1 GigaWatt

le 18/06/2019 à 14:34 par Etienne - Économie

En ce mois de juin 2019, près de 10 ans après la décision française de rattraper ses voisins européens pionniers en la matière en lançant des appels d'offres pour l'implantation de parcs éoliens en mer, cette technologie a (enfin) connu son top départ en France.

Première bonne nouvelle, le démarrage du 1er parc français, à Saint-Nazaire. Alors que plus de 4 000 éoliennes sont déjà installées en mer dans le monde, particulièrement en mer du Nord et mer Baltique - certaines depuis plus de 20 ans - aucune ne l'est en France, pourtant 2ème espace maritime mondial après les Etats-Unis. Seuls deux prototypes d'éolien flottant en Pays de la Loire et Bretagne y sont implantées. Après être partis plus tard que les autres pays leaders comme le Dabnemark, l'Allemagne ou encore le Royaume-Unis, la France a connu de nombreux retards dus aux méandres administratifs et nombreux recours. Depuis 2012, c'est le cas pour le projet de Saint Nazaire, pour lequel le Conseil d'Etat vient de rejeter définitivement le dernier des nombreux recours déposés. Avec ses autorisations en main, EDF va pouvoir lancer la construction de ce chantier colossal - près de 2 milliards d'euros d'investissements, des milliers d'emplois à la clé. C'est chose faite depuis le 14 juin avec la signature de constrats pour l'installation d'une sous-station électrique en mer qui sera construite aux chantiers de l'Atlantique ainsi que de 80 éoliennes de puissance 6 MW qui seront assemblées par Général Electric renewable energy à Saint Nazaire également, tout près de Nantes où elles sont développées, leurs pales venant de Cherbourg. C'est ainsi une filière et des emplois en France qui prend son envol. Il était temps! L'observatoire des énergies de la mer www.merenergies.fr a montré que déjà plus de 2000 emplois s'y préparent et que de nombreux investissements ont été réalisés. Le parc produira l'équivalent de 20% de la consommation électrique de toute la Loire-Atlantique!

Deuxième bonne nouvelle, le prix. L'Appel d'Offres pour la construction d'un parc similaire à Dunkerque dont le lauréat, EDF renouvelables, a été révélé ce même 14 juin, a montré que les prix de l'éolien en mer avaient fortement chuté ces dernières année, attaignant moins de 45 euros par MégaWattheure à Dunkerque, quand le Gouvernement imaginait initialement 60 à 70 euros initialement. De bonnes conditions physique du site, des conditions administratives améliorées et une filière qui gagne en compétitivité chaque année expliquent ce prix. C'est un prix proche des autres énergies renouvelables matures (le dernier appel d'offre en éolien terrestre s'est négocié en moyenne plutôt vers 60 euros) et même du nucléaire nouvelle génération (le projet d'Inkley Point au Royaume Unis a été attribué au prix de 107 euros).

Troisième bonne nouvelle, les volumes. La baisse des prix constatée est bonne pour le consommateur comme pour le contribuable (si le prix de marché de l'électricité passe au dessus de ces 45 euros, c'est même l'Etat qui touchera un bénéfice); cela permet donc d'envisager plus d'appels d'offres. C'est ce que le Gouvernement a promis d'inscrire dans le Programmation Pluri-annuelle de l'énergie en affichant 1 GigaWatt (GW) d'appel d'offres lancés chaque année en France dans les 10 prochaines années, pour l'éolien en mer, posé et flottant. A titre de comparaison, plus de 18 GW sont déjà installés en Europe - soit 4500 éoliennes - dont plus de 8 000 GW au Royaume Uni et plus de 6 000 en Allemagne. La France peut ainsi rattraper son retard, apporter une part essentielle de sa transition énergétique et créer de nombreux emplois.


Tags transition énergétique , Saint-Nazaire, mer, EDF, Dunkerque, éolien

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0Il faut reconstruire la charpente de Notre Dame en bois!

le 02/05/2019 à 20:28 par Etienne - Économie

L’incendie de Notre Dame a marqué les esprit, en particulier par la disparition de la « forêt », charpente de chêne vieille de plusieurs siècles.

Beaucoup a été dit à ce propos

Il est temps de reconstruire ; il faut le faire en bois !

Anne Brugnera, la députée rapporteure du projet de loi de reconstruction de Notre-Dame, a commencé les auditions des professionnels. La loi permet en effet au gouvernement de déroger non seulement aux règles fiscales et administratives, mais aussi aux règles techniques et architecturales protégeant les monuments historiques et prévoit un concours international d'architectes pour reconstruire la flèche, ouvrant la porte à un « geste architectural » plutôt qu'une reconstruction de la flèche de Viollet-Leduc. La charte de Venise de 1964 et la réglementation française imposent une restauration respectant l'apparence (les matériaux pouvant être modernes) et conduite par un architecte en chef des monuments historiques.

Voici pourquoi il faut reconstruire en bois.

D’abord, la combustion de la structure bois a sans doute eu de moindre conséquences sur les murs de pierres que si elle avait été en acier ou en béton ; les pompiers dont il faut souligner le travail exemplaire sur ce feu le savent bien.

Le choix du bois : matériau capteur de CO2  - durant sa croissance il absorbe plus de CO2 qu’il n’en dégage pour sa combustion et peut le conserver pendant des siècles comme la charpente de la cathédrale le montre, il a donc un bilan carbone positif - et renouvelable – par définition l’arbre coupé laisse place à d’autres arbres qui vont à leur tour croître, et la forêt française qui est gérée durablement s’en assure, ceci à la différence des autres ressources fossiles.

Ensuite la forêt française le peut contrairement à ce que certains ont pu dire : le besoin pour reconstruire la charpente de Notre Dame est évalué à 3000 m3 quand on récolte 800 000 m3 de chêne en France chaque année ; de plus les gros bois sont bien présents même si la charpente qui vient de brûler était plutôt un habile assemblage ayant moins eu recours aux gros diamètres, d’où son surnom de « forêt ».

En outre, nous pouvons montrer la capacité humaine actuelle a égaler le magnifique travail des artisans de l’époque. C’est toute une filière française du bois (actuellement déficitaire mais qui regorge de talents) qu’il sera possible de valoriser.

Enfin, c’est l’occasion de montrer la capacité d’innovation de la filière bois aujourd’hui : traitement inifugeant le matériaux, CLT, utilisation d’autres essences que le chêne pour le bois construction, etc.

Par ailleurs, le formidable élan des forestiers montre que plus de chêne que ce qu’il sera nécessaire a été offert : donnons les quantités supplémentaires à la fondation Abbé Pierre pour créer des logement en bois pour les sans logis.

 


Tags Paris, Notre Dame, forêt, charpente, bois, arbre

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0Les dossiers forêt bois sur le bureau du Ministre Didier Guillaume

le 19/10/2018 à 11:14 par Etienne - Économie

 Didier Guillaume vient de succéder à StéphaneTravert au Ministère de l'Agriculture. Bien que le terme "forêt", qui représente pourtant un tiers du territoire français, ne se retrouve pas dans l’intitulé du Ministère, le nouveau Ministre a été conseiller de Jean Glavany alors que celui-ci portait un projet de loi essentiel sur la forêt et corapporteur du projet de loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt au Sénat en 2014. Didier Guillaume devrait donc être connaisseur des questions forestières. Il a devant lui d'importants dossiers sur ce sujet!

La forêt et le bois représentent une opportunité pour la France qui dispose largement de cette ressource : puits de carbone, réservoir de biodiversité, énergie renouvelable, matière première de la bioéconomie, espace de loisirs et de bien-être. Dynamiser la filière forêt bois c'est saisir ces opportunités!

Une actualité urgente à traiter pour le Ministre : le modèle économique affaibli de l’ONF, gestionnaire de la forêt publique. En déficit récurrent du fait d'un modèle économique non pérenne, l'Office connaît des difficultés auxquelles il convient enfin de remédier. La "marche pour la forêt" actuellement en cours en France doit trouver une réponse politique pour l'avenir des forêts publiques et de leur gestion.

Autre dossier brûlant pour le nouveau Ministre : la réalisation d’une usine d’huile de palme en Région PACA, dite « bioraffinerie de la Mède » (autorisation délivrée à Total le 16 mai dernier) représente de la déforestation importée – rappelons que la déforestation représente 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre -. La France veut-elle vraiment continuer à s'engager sur ce projet?

Enfin, autre dossier chaud, le permis d’exploiter – qui doit être délivré cet automne - une mine d’or en Guyane, dit projet « Montagne d’Or », ayant reçu le soutien d’E. Macron fera disparaître 1500 hectares de forêts en plein cœur de l’Amazonie et utilisera une méthode d’extraction au cyanure extrêmement polluant menaçant ainsi la faune et la flore locale.

Des sujets tout aussi importants et récurrent seront également à traiter, comme le déficit extérieur récurrent de la filière. Comment accroître la transformation des bois sur notre sol et donc la création de valeur, pour ne pas rester cantonnés à la production de matière première?

La sous-exploitation de la forêt des particuliers dont on ne prélève que la moitié de l’accroissement annuel. Il existe un potentiel supplémentaire dans la collecte de bois dans la forêt privé, comment le mobiliser?

Nous pourrons juger l'action du nouveau Minsitre à l'aune des réponses qui seront apportées à ces dossiers...


Tags Minsitère, forêt, Didier Guillaume, bois

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0Accélérons! pour le climat, la France doit agir

le 08/10/2018 à 15:19 par Etienne - Économie

Le récent rapport du GIEC a montré les conséquences catastrophiques d'un dépassement des 1,5 degrés de hausse moyenne des températures. Ce sujet devrait être la priorité numéro un des gouvernements car il en va de la survie des espèces dont la nôtre. Le Gouvernement français va dévoiler prochainement ses propositions à travers une Programmation Pluriannuelle de l'Energie. Notre responsabilité collective est donc grande.

Les questions connexes dans le choix des énergies de demain sont :

1) l'indépendance énergétique : aujourd'hui la France importe la quasi totalité de ses hydrocarbures, mais également l'uranium et ses combustibles nucléaires. Les approvisionnement viennent souvent de pays peu stables, ce qui fragilise notre indépendance.

2) les déchets et le caractère renouvelable : exploiter des ressources terrestres pour les épuiser, laisser des déchets aux générations futures n'est pas saisfaisant. Avec le vent, le soleil, la mer et le bois, les sources d'énergies se renouvellent

3) les conditions économiques : aujourd'hui solaire et éolien, y compris éolien offshore, vendent leur production sur le marché de l'énergie sans subvention publique; l'éolien, y compris offshore est moins cher que les nouvelles capacités de production d'électricité, y compris nucléaire comme le montre le marché du Royaume Uni. Par ailleurs, l'éolien crée des filières industrielles en Europe et donc en France. L'Observatoire des Energies de la Mer a montré que l'éolien en mer a déjà créé plus de 2500 emplois en France (www.merenergies.fr)

La balle est dans le camp du gouvernement. 


Tags industrie, climat, énergie

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0Forêt : les dossiers de F. de Rugy

le 10/09/2018 à 9:49 par Etienne - Économie

La démission de N. Hulot s'est produite sur fond de permis de chasse; même si cet épisode ressemble plus à la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, les questions forestières et de la filière bois ont des dossiers chauds et urgents à traiter par le nouveau Ministre FDR.

Le développement de la filière bois, matériau biosourcé et source d’énergie renouvelable, nécessite des actions concrêtes; de même pour la forêt qui est pourtant également un puissant puit de carbone, allié précieux contre le dérèglement climatique, ainsi qu’un réservoir inégalé de biodiversité.

Un premier test sera celui de la déforestation importée : La volonté du Gouvernement de permettre la réalisation d’une usine d’huile de palme en Région PACA, dite « bioraffinerie de la Mède » (autorisation délivrée à Total le 16 mai dernier) représente de la déforestation importée – rappelons que la déforestation représente 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre -.

Second dossier, le permis d’exploiter – qui doit être délivré cet automne et constitue donc un des premiers actes politiques du nouveau Ministre - une mine d’or en Guyane, dit projet « Montagne d’Or »,ayant reçu le soutien d’E. Macron, fera disparaître 1500 hectares de forêts en plein cœur de l’Amazonie et utilisera une méthode d’extraction au cyanure extrêmement polluant menaçant ainsi la faune et la flore locale. Le récent débat public a montré les réticences locales voire les radicalisations; les compromis sur la dispersion des sites de stockage (pour partager les risques?) ou garanties de l'exploitant sur le traitement des boues scianurées, n'ont semble-t-il pas rassuré...

Le plan climat du Ministre Hulot en juillet 2017, devait pourtant s’appuyer sur le rôle des forêts : quelle action concrète depuis ? Le plan biodiversité devait également s’appuyer sur les espaces forestiers préservés : quelles suites, mise à part la confirmation de la création du Parc National des forêts de feuillus de Champagne – Bourgogne lancé il y a quelques années. Autant de pistes d'actions à l'aune desquelles le nouveau Ministre pourra être jugé.

La forêt publique a un rôle majeur à jouer, en particulier avec son gestionnaire, l’ONF, en partie sous tutelle du Ministère chargé de l’environnement et dont la situation financière devra être stabilisée. Là aussi un chantier d'envergure.


Tags Hulot, forêt, filière bois, De Rugy, climat, biodiversité

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0Climat : dépasser la prise de conscience

le 03/08/2018 à 11:06 par Etienne - Économie

Editorial du « Monde ». Les signaux d’alarme sur l’accélération du réchauffement climatique se multiplient et, pourtant, les actions engagées pour tenter d’inverser le phénomène ne sont désespérément pas à la hauteur des enjeux. Deux nouveaux avertissements viennent de nous être lancés, mercredi 1er août. L’année 2017 a été classée comme l’une des trois années les plus chaudes de l’histoire moderne, selon le rapport annuel de l’agence fédérale américaine National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Le 1er août est également le jour où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la nature peut régénérer en un an, selon les calculs du réseau international du Global Footprint Network et celui du WWF. Année après année, ce « jour du dépassement » est de plus en plus précoce : en 1975, c’était le 1er décembre ; en 1995, le 5 octobre ; en 2015, le 4 août, et en 2017, c’était le 2 août.

Lire aussi :   Climat : 2017, année de tous les records

D’un côté, les mesures des scientifiques de la NOAA et l’actuelle vague de chaleur qui fait suffoquer les populations d’Europe du Nord, du Japon, du Canada ou du Pakistan, laissent peu de doute sur la réalité du réchauffement climatique. De l’autre, l’« empreinte écologique » grandissante de l’homme, illustrée notamment par la hausse des émissions des gaz à effet de serre et par l’augmentation des surfaces cultivées, brosse le tableau d’une planète au bord de la rupture sans que les actes suivent la prise de conscience.

Deux ans et demi après l’accord de Paris, conclu lors de la COP21 pour contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C, « l’union sacrée pour le climat » à laquelle appelle Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, se fait toujours attendre. Certes, des villes se rassemblent autour d’objectifs de transformation de leurs usages en matière d’énergie, de logement ou de transport. Certes, des entreprises se projettent vers une économie rejetant moins de carbone, et le monde de la finance réévalue peu à peu sa politique d’investissement à la lumière du risque climatique. Un sommet mondial des acteurs non étatiques, le premier du genre, devrait mettre à l’honneur ces initiatives, mi-septembre, à San Francisco.

Maillon faible

Toutefois, les Etats restent le maillon faible de cette mobilisation. C’est le cas des Etats-Unis de Donald Trump, l’un des derniers dirigeants climatosceptiques de la planète, qui a isolé son pays en ouvrant la voie, en juin 2017, à son retrait de l’accord de Paris. De son côté, l’Union européenne peine à réviser à la hausse ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Il s’agit pourtant d’un effort indispensable. La Chine, premier émetteur mondial de CO2, est, elle aussi, confrontée à la contradiction entre les engagements de l’accord de Paris et la poursuite d’une croissance économique soutenue. Partout, les lobbys tentent de remettre en question les maigres avancées, comme au Canada, qui vient d’assouplir son projet de taxes sur les émissions de gaz à effet de serre.

Les Etats n’ont d’autre choix que d’agir vite et d’interroger les modes de production et de consommation qui font des hommes les prédateurs de la nature. Pour contenir la hausse des températures, l’accord de Paris indique clairement la voie en visant la neutralité carbone dans la seconde moitié du siècle. Cet objectif implique de laisser sous terre la plus grande partie des réserves d’énergies fossiles, les carburants du réchauffement. Combien faudra-t-il d’avertissements pour que l’humanité cesse de rester accrochée à un modèle qui conduit à sa perte ?


Tags Ville, Etat, Energie, Climat

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0énergies marines renouvelables : le temps de la concertation

le 30/01/2018 à 10:59 par Etienne - Économie

La nouvelle année 2018 s'ouvre sur une période propice à la concertation et au débat, pour ce qui est des énergies marines renouvelables. Alors que la France n'a qu'une seule éolienne en mer venant de fournir ses premiers kilowattheures (l'éolienne flottante du consortium Floatgen autour d'Idéol, Bouygues TP, Centrale Nantes...), l'Europe avec plus de 3500 turbines et 13 GW installés a fait de l'éolien en mer un pilier de son mix énergétique. 6 parcs sont en développement en France pour un total de 3 GW et 1 est en cours d'attribution pour un maximum de 700 MW supplémentaires. Mais au-delà? Comment atteindre les engagements de la France, tant au niveau mondial - COP 21 - qu'Européen - le Parlement Européen vient de réhausser les objectifs de production d'énergie renouvelable à 35% de la consommation totale en 2030 en souhaitant que soient instaurés des objectifs contraignants par Etat. Si les négociations avec le conseil aboutissent, la France devra donc y prendre sa part, alors qu'elle est globalement en retard.

Alors comment faire? L'éolien en mer, technologie la plus mature parmis les emr (avec l'hydrolien qui passe au stade pré-commercial) a besoin de simplification pour son développement : les premiers parcs pré-cités ont été attribués en 2013 et ne sont pas encore en construction, alors que dans le reste de l'Europe le développement de parcs nécessite moitié moins de temps. L'actuelle loi "pour un Etat au Service d'une Société de Confiance" (loi ESSOC) va simplifier grandement les procédures et accélérer les processus en unifiant les autorisations dans une seule, en permettant d'utiliser la technologie la plus moderne au moment des travaux (sans la figer à ce qui existe au moment de l'appel d'offres)...

Pour autant, il est nécessaire de se donner des objectifs. C'est l'objet de la Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) issue de la Loi de Transition énergétique pour la croissance verts (LTECV, 2015) qui a abouti à un premier décret fixant des objectifs pour la période 2018-2023, dont la révision va démarrer pour 2018 - 2028. Quelle sera la place des énergies de la mer à cet horizon? Au gouvernement de fixer des objectifs - au regard de notre espace maritime national, le 2e au monde! et de notre gisement de vents, un objectif de 21 GW est envisageable - et aux acteurs d'afficher leurs propositions. La Commission Nationale de Débat Public CNDB lance donc un grand débat national sur ce premier semestre avant que le Gouvernement ne fasse ses propositions qui seront soumises à concertation cet automne avant approbation de la PPE, probablement fin 2018. Le débat public de février à mai 2018 a pour objectif de favoriser l'expression des publics et de faire des recommandations avec un site internet : ppe.debatpublic.fr mais aussi un questionnaire en ligne, des cahiers d'acteurs, des ateliers thématiques, des auditions d'experts, un panel citoyen...

Mais en face, il faut tenir compte des autres usages en mer! C'est tout l'objet des travaux concernant les Documents Stratégiques de Façade dans les Conseils Maritimes de Façade : planifier les usages en mer. Même si 21 GW d'éolien ne nécessiteraient que 0,8% de la surface maritime, encore faut-il indiquer où et avec quelle coexistence des usages (l'éolien pouvant s'éloigner de plus en plus des côtes avec la technologie du flottant). Les différents Documents Stratégiques de Façade sont soumis à concertation sur un site internet merlittoral2030.gouv.fr A chacun de s'en saisisr!

Ainsi, la France pourra se donner, au cours de cette année 2018, les moyens de ses ambitions en termes d'énergies renouvelables et de transition énergétique. Notons au passage que les énergies de la mer nourrissent actuellement l'émergence d'une nouvelle filière industrielle française avec déjà 2000 emplois recensés en 2016 (chiffre de l'observatoire des énergies de la mer www.merenergies.fr)...


Tags renouvelable , PPE, mer, LTECV, ESSOC, emploi, DSF, énergie

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le 30/01/2018 à 10:53 par Etienne -


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